L’affaire Rémi Fraisse détaillée par Polis et Politeïa.

L’affaire Rémi Fraisse détaillée par Polis et Politeïa.
« Si on continue comme ça, on va avoir un mort » (P. Maffre)

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Cette semaine dans Silver, notre conseil mode, vous mettre au drapé ! Le ministère de l’intérieur a visiblement essayé de nous emboiter le pas en détournant la tendance et en se mettant, lui, dans de beaux draps, et pas n’importe lesquels il n’a ni choisit une petite robe chic, ni un petit top pour attirer l’attention, et mettre en application nos conseils. Non, en effet, Bernard Cazeneuve a préféré l’apparat d’un linceul plissé vert écolo, d’un jeune manifestant pacifiste, retombant lourdement sur les forces de l’ordre. Sauf que depuis quelques semaines et d’autant plus ces derniers jours, ce ne sont pas les tissus qui froncent le plus, mais plutôt les sourcils des militants de plus en plus menaçants face aux révélations dramatiques vis-à-vis du décès de Rémi Fraisse.

C’est finalement arrivé, dans la nuit du 25 au 26 octobre, Rémi Fraisse un jeune homme de 21 ans, manifestant contre le projet du barrage de Sivens, a été tué.

Avant que le drame ne se produise, cela fait déjà deux mois que les opposants au projet du ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et notamment Philippe Maffre, membre de la confédération paysanne, ne cessent de se plaindre de la violence des forces de l’ordre à leur égard.

Alors que des lycéens dénoncent des coups de matraques, et que d’autres manifestants racontent avoir été blessé par des grenades. C’est la mort d’un jeune homme ce samedi 25 octobre qui va faire sortir la France de ces gonds.

Très vite on se rend compte que la mort du jeune homme est due au lancé d’une grenade offensive par un gendarme sur le manifestant.

Le scandale éclate alors, dépeint comme un casseur par le maire d’Albi, le jeune étudiant en botanique, finalement tout à fait pacifiste, aurait été victime des consignes de fermeté donné aux forces de l’ordre par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

Alors que la tension était à son comble il semblerait que rien n’ait été fait pour calmer les manifestants, et éviter tout débordement.

C’est du moins ce qu’en pense José Bové, qui s’est exprimé sur le sujet. Pour lui, le ministère est responsable de la mort du jeune homme: « Il est évident que le ministre de l’Intérieur a la responsabilité. Pourquoi mettre des policiers sur ce site alors qu’il n’y a rien à protéger ? C’est une provocation ».

Alors que Bernard Cazeneuve se défend en niant avoir donné des consignes de fermeté, et que les actions se font de plus en plus violentes face au décès de Rémi Fraisse, le Premier ministre, Manuel Valls, s’en mêle et prend la défense du ministre de l’intérieur et des forces de l’ordre : « Je n’accepte pas et je n’accepterai pas les mises en cause, les accusations qui ont été portées en dehors de l’hémicycle à l’encontre du ministre de l’Intérieur », « Je n’accepterai pas la mise en cause des policiers et des gendarmes qui ont compté de nombreux blessés dans leurs rangs ».

Alors que le gouvernement cherchait une échappatoire face à cette affaire déjà très embarrassante, de nouvelles révélations sur les conversations des forces de l’ordre sur place lors de la mort de Rémi Fraisse déclenchent une nouvelle vague d’indignation.

Il semblerait en effet que les forces de l’ordre aient tout de suite compris la gravité de l’état du jeune manifestant, le procès-verbal auquel a eu accès le journal Le Monde dévoile ce mercredi 12 novembre, la réaction d’un gendarme après s’être aperçu que le jeune homme était décédé : « Il est décédé, le mec ! Là, c’est vachement grave… Faut pas qu’ils le sachent ! »

Évidemment ces propos ont vite été commentés, et il paraîtrait qu’il n’y a absolument eu aucune intention d’étouffer l’affaire…

Gwendeline Jerad.