L’Oriental Fashion Show : Rayonnement de la Haute Couture orientale en occident.


Samedi 13 juin, le Four Seasons – George V accueillait le rendez-vous très prisé de la Haute Couture orientale.
Six créateurs venus d’Egypte, du Maroc et du Qatar ont à l’occasion présenté leurs collections au public de la Mode parisienne. 

La rédaction vous offre un retour sur deux heures de défilé, au vent des sublimes voilures d’Hany El Bahairy, éblouis par les caftans de Loubna & Samia Guessous et bien d’autres… 

Par Victor Manciet.


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La Mode était à l’oriental au George V, quand tradition et modernité, sensualité et glamour ont défilé au Salon Vendôme. Un show unique qui deux fois par ans, depuis onze ans réunit la crème de la crème de la Haute Couture orientale en France. Un seul objectif pour les créateurs à l’honneur : faire vitrine à la magnificence d’une culture commune !

De Hind Joudar à l’avènement de la Haute Couture orientale en occident.

Pourquoi avoir créé cet évènement unique en France ?

J’ai toujours été passionnée d’échanges culturels et humains. C’est cette alchimie qui anime avant tout ce projet puisqu’il s’agit de faire rencontrer des personnes autour d’un même objectif : le déploiement de leur art, en l’occurrence la mode. L’Oriental Fashion Show est une concentration d’art, d’esthétisme, de savoir-faire mais surtout de préservation d’une culture si riche et fragile. Lorsque je me suis lancée dans cette aventure en 2004, j’avais déjà ressenti que le public était en demande de renouer avec cette culture.

Le succès immédiat des premières éditions m’a convaincue de continuer à être ce trait d’union d’excellence entre l’Orient et l’Occident. Au-delà des défilés, il est beaucoup question d’histoire et de transmission. Ce qui m’intéresse dans ce mi- lieu n’est pas tant le faste des podiums mais bien de rendre hommage à la culture orientale dans ce qu’elle a de plus précieux.

Quelle est votre conception de la mode orientale ?

Il s’agit avant tout d’un savoir-faire qui est mis au goût du jour. Il faut savoir qu’à l’époque byzantine, c’était l’Orient qui faisait la mode ! Avant les croisades, l’Europe ignorait tout de la soie, du fil d’or, des étoffes, du cousu… Tout le raffinement passait par la région de l’Est. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’empire romain d’orient a duré plus longtemps, puisque ces échanges culturels et commerciaux ont pérennisé toute la route allant de la Chine à l’Arabie jusqu’à la corne d’Afrique. C’était le faste de la luxuriance décrite plus tard à l’époque orientaliste.

Puis, au fil des années, les régions ont connu leur déclin, et leur rayonnement culturel, pour diverses raisons politiques et sociétales. La phase postcoloniale a entamé leurs pertes identitaires, et le regard extérieur, biaisé par les orientalistes, n’a fait qu’accentuer le processus. Aujourd’hui, forte de cette histoire, j’aimerais réinventer une nouvelle dynamique. Rétablir les lettres de noblesse à cette mode orientale, oubliée. La haute couture orientale doit se parer de ses plus beaux apparats pour rayonner à son tour comme toutes les autres Fashion Show du monde.

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Une invitation au rêve…

Hany El Bahairy ; Loubna & Samia Guessous ; Oum & Maria ; Jawaher Al Kuwari ; Fakhira ; Sckali.

Ce sont les noms de tous les créateurs qui nous ont présenté leur collection respective au George V. Chacun sa griffe, ce fut autant de couleurs que d’esprit que l’on a pu remarquer dans les créations des créateurs. Tous véhiculant une histoire, un art de vivre, un art de voir les choses. L’exactitude du maqâm chez l’un, la joie de la casbah chez l’autre. Un poème à l’oriental, personnifié sur chaque mannequin portant un rêve de Haute Couture.

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Loin d’être un défilé de mode ordinaire… Chaque création craignait presque d’être abimée à coup de regards trop insistants ; Tant de détails si flamboyants suffisaient à vous transporter dans un conte des Mille et Une Nuits ; Les robes s’imposaient à vos yeux comme un monument s’impose au ciel. Jouant entre les frontières de l’art et de la mode, l’expression Haute Couture prend tout son sens : Du brut au subtil, Hany El Bahairy présente une Egypte sous des airs de luxe et de volupté à travers des créations qui rabaisseraient n’importe quelle Reine d’Occident. Loubna et Samia Guessous (mère et fille) s’arment d’aiguilles et de fil pour revisiter le caftan marocain, permettant à chaque femme d’avoir accès au luxe ainsi et au confort en se glissant dans l’organza, le soie ou la mousseline de leurs créations. Toujours au Maroc Oum & Maria, artiste peintre reconnaissable entre mille grâce aux broderies au dos de ses robes, nous invite également à revoir la tradition sous un autre angle. Côté Qatar, Jawaher Al Kuwari propose des pièces uniques en leurs genre alliant l’esprit du pays qu’elle représente avec une pointe d’avant-gardisme caractérisée par les touches de beiges qu’elle ajoute presque systématiquement à ses créations. Du même côté du monde Fakhira s’adonne à la réactualisation de la robe abaya grâce à quelques motifs de nature occidentaux tandis que Sckali s’évertue à la bannir pour créer la robe khaliji, réveillant la femme moderne Qatari grâce aux couleurs qu’elle lui fait porter.

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Oum & Maria


La rédaction vous réserve deux surprises à venir sur le sujet… Deux interviews exclusives, bientôt sur Silver Magazine ! 
En bref ? Un spectacle qui montre la Haute Culture alliée à la Haute Couture, à travers le rayonnement d’un peuple qui – en matière de Mode – aujourd’hui n’a pas d’égal.