Lola Dewaere : « Le cinéma, c’est un métier de famille »


Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Comme pour beaucoup de jeunes filles, je pense, le métier d’acteur, cela fait rêver. Peut-être avais-je aussi une influence importante par ma filiation, par d’où je viens… Mais je pense avoir toujours eu ça dans le sang !

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« Mince alors » est ton premier film au cinéma. Comment cela s’est-il passé ?

C’était une superbe expérience ! Comme c’était ma première au cinéma, c’était aussi très angoissant, difficile. Rien avoir avec le 6 x 52 minutes pour TF1 où nous étions toute une équipe d’acteurs avec 4 000 passagers… italiens ! (rires) Je vous laisse imaginer l’ambiance. Nous – les acteurs – nous sommes éclatés ! Je ne pense pas que ce fut le cas pour les équipes techniques !

Mais pour revenir à « Mince Alors », c’est vrai que quand on m’arrête dans la rue, ça va être pour ce film, pas pour « Ligne de mir » par exemple pour lequel j’ai reçu un prix. « Mince Alors » est assez accessible, et c’est pour ça que le film a beaucoup plu aux jeunes. Par ailleurs, il m’est arrivé d’être arrêtée, et d’entendre : « C’est vous qui avez joué dans Grosse Alors » ? (rires)

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Quelle place a ton père, Patrick Dewaere, dans ta carrière ?

On m’associe rarement à mon père. Les jeunes filles qui m’accostent ne savent pas que je suis la fille de Patrick Dewaere. Si j’avais été un homme, j’y serais sûrement passée je pense. Il y a des gens qui vont savoir où me toucher, mais jamais par rapport à mon jeu. On m’attaque très rarement dessus. Mais ça a été une angoisse, bien sûr, et pour cela que j’ai mis longtemps à démarrer le métier. Mais ça a toujours été très clair, Dewaere était un nom d’emprunt, j’ai décidé de le prendre car tôt ou tard quelqu’un allait finir par le découvrir. Dewaere a été un passe-droit pour pouvoir défoncer les portes. Ça ne veut pas dire que je suis arrivé là par piston. Le métier du cinéma n’est pas un métier de piston mais de famille. C’est très différent ! Ça n’est pas grâce à mon nom que j’ai été nommée aux Césars, je pense. 

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« Une folie » de Sacha Guitry : comment c’est ?

Ça y est, tournée dans toute la France, il est possible que l’on s’installe à Paris. Sans prétention aucune, on a des standings ovation à la fin de chaque pièce. Elle est mise en scène par Francis Huster, qui a une vision assez moderne. Je me voyais déjà à la Elvire Popesco avec la fourrure et le chapeau, mais pas du tout. Je suis en jean, botte avec un cuir, il a cassé les codes et c’est très intéressant. Au niveau scénique c’est très épuré.

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Quand tu ne penses pas cinéma ou théâtre, que penses-tu ?

Je pense famille. Mais je suis aussi une grande amoureuse, donc je pense à mes chéris. Je pense à  mon découvert bancaire également. A tout ce que peut penser une personne hors travail.

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Quelles sont tes angoisses ?

Ne pas réussir à vivre de ce métier. Je n’ai pas envie d’être une star, je veux vivre correctement. Je veux pouvoir faire des choix. Ils le disent tous, mais moi je le pense : je ne fais pas ce métier pour la célébrité, mais je peux comprendre qu’on est envie d’être une icône. J’ai tellement galéré étant jeune, je sais ce que c’est de travailler et réussir à gagner ma vie avec le métier que j’aime, c’est mon plus grand bonheur. Mais si on me propose un million de dollar… (rires) !

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Quel est ton plus grand bonheur ?

La famille les amis, les amis la famille. Les amis, l’amitié. J’aime bien faire la fête, je ne suis pas mondaine, mais je suis amis. Je vais avoir tendance à beaucoup sortir et des moments où pas du tout. Je suis complètement coupée du monde, parfois pendant 2 mois. Mais bon, je suis tout et son contraire.

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Pour briser tout a priori, que dirais-tu à une personne qui ne te connaît pas ?

Je m’excuserais tout d’abord, car je suis fan des réseaux sociaux, j’en suis dingue. Parce que j’ai ce coté grande gueule, on pense que je n’ai pas de filtre alors que j’en ai énormément. Après je sais ce qu’il faut dire ou pas, je suis quelqu’un d’entier, je peux avoir un coté un peu impulsif mais je suis beaucoup plus sous contrôle qu’on ne le pense. Quand je poste, c’est toujours hors politique car c’est trop d’enjeux, il ne faut pas croire que je n’ai pas de filtre. Je suis une grande généreuse, impulsive mais au fond je suis une bonne patte !

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Propos recueillis par Victor Manciet
Photos par Ariane Elmerich 
Maquillage par Nathalie Vignaud