Cinéma – Il en faut peu pour être heureux


Un ours un peu « stone », un panthère un peu trop conventionnelle, un enfant qui veut être un loup, un singe qui veut devenir un homme. Je pense que vous l’aurez tous compris il s’agit du Livre de la Jungle.

Par Noémie Gabrielli.


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Nul besoin de situer l’histoire de Mowgli, ce « petit dom » élevé dans la jungle parmi les loups puis contraint de rejoindre les siens à cause du tigre Sher Khan.

Les puristes seront déçus car John Favreau n’a pas réussi à faire ressortir la magie qui se dégageait du dessin animé de 1967. Alors bien sûr, les décors et les effets spéciaux sont époustouflant ; la 3D absolument remarquable et les personnages sont tous à couper le souffle. Mais ça ne suffit pas car les personnages sont creux et il n’y a aucune évolution. Alors que dire ?

Un beau film. Rien de plus. Alors pourquoi ne pas améliorer l’évolution de certains personnages ? On a un peu l’impression d’un travail fait à la va vite : tout miser sur le visuel pour cacher le véritable problème : ils n’ont pas réussi à faire ressortir les meilleurs cotés du Livre de la Jungle. Un roi Louie complètement mégalomane et mou qui nous interprète « Je voudrais devenir un homme » de façon dénué de sens. Si l’on avait un souvenir de cette chanson complètement jazzy et si agréable, aujourd’hui c’est tout le contraire. Il en est de même pour « Il en faut peut pour être heureux ». Pour le reste Kaa qui nous avait fait tant rire avec sa maladresse et sa volonté à tout épreuve de manger Mowgli, est réduit à une dame serpent extrêmement inquiétante. Il en est de même pour ces vautours complètement stupides qui sont devenus de simples figurant à l’air méchant.

Pour en revenir au visuel, quelque chose nous turlupine : dans le film deux scènes nous rappellent cruellement Le Roi Lion. La première peut être vue dans la bande annonce : Sher Khan regarde Mowgli qui est coincé dans des gorges, au milieu de gnous affolés. Ça ne vous rappelle rien ? Pour la seconde scène aucun spoil, on vous laissera la trouver. Petit indice : ça a un rapport avec la mort de Scare.

Mais la question qu’on se pose c’est pourquoi reprendre ces scènes alors qu’on a déjà des visuels extraordinaires. On peut concevoir un hommage, mais dans ces cas là pourquoi Le Roi Lion ?

Passons. Pour le casting on ne peut que saluer la performance de Neel Sethi qui interprète Mowgli du haut de ses 10 ans.

C’est un très beau film mais dénué de toute magie et de profondeur. On est un peu partagé parce qu’on passe un excellent moment en le regardant, mais c’est en sortant qu’on ne trouve rien à dire et plus on y repense plus on se dit seulement c’était sympa mais pas plus.

Dernière interrogation pour la route : en 1967 les studios Disney ont réussi à donner une réelle ampleur à ces personnages en seulement 1h12 de film alors comment se fait il qu’en 2016 ces mêmes studios n’aient pas pu améliorer autre chose que le visuel en 1:46 de film ?