Arthur Aquino : Le brave chevalier de la mode


Arthur Aquino, fondateur de sa propre Maison de Couture parisienne, est un drôle d’oiseau. S’offusquant des évolutions créatives de la plupart de ses confrères, il nous livre sa vision de la mode. Allant à contre-courant dans sa boutique du VIIe arrondissement, rue de Saint-Simon, Arthur excelle dans sa manière de penser et de créer. Au delà des codes qui peuvent être vus sur les tapis rouge, ou sur la couverture du bottin mondain, ce sont des pensées atypiques pour cette époque qui lui traversent l’esprit et son aiguille lorsqu’il crée. 

Portrait d’un homme qui, bien qu’étranger à la plupart des codes culturels français, a su redonner un souffle à la Mode française, parfois même oubliée par des maisons de couture voisines.

Par Victor Manciet.


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« Aujourd’hui il est rare qu’une silhouette me fasse tourner la tête à Paris,  »la capitale de la Mode ». Dommage, car de nos jours toutes et tous ont accès a la mode low cost. Assez de mauvais arguments pour accepter de ne plus s’habiller. Accepter d’être élégant mais sans faire aucun effort pour.

Aujourd’hui existe-t-il trop de créativité ? Pour l’instant, il n’y en a que pour dévaloriser les femmes.  Je souhaite les sublimer car je les aime et leur reste fidèle. Sans prétention, aucune, j’ai l’envie si ce n’est l’ambition de réveiller leur pouvoir.

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Je suis à la recherche des lignes et des artifices pour sublimer au maximum le corps féminin. Après les croquis vient le choix des matières. Le crêpe est celle que je préfère car elle permet toujours un bon résultat grâce son tombé et sa fluidité. Il faut des formes sophistiquées, associées à des matières simples et naturelles comme du lin, du coton, surtout de la popeline. Mais ma priorité, c’est « verticaliser », obtenir de la longueur sur toutes les jambes. C’est ainsi que mes pantalons et jupes sont pour la plupart taille haute. Je les associe avec de petits boléros et des chemises simples mais sophistiquées, par exemple.

Ma réflexion tient toujours à pouvoir produire des tenues intemporelles que les femmes puissent adopter en partant tôt le matin et prolonger le soir lors d’un vernissage, un cocktail, un dîner…
Je suis Brésilien. Rien de surprenant, j’aime la couleur dans mes créations. A l’occasion de chaque saison, j’adore jouer avec. C’est comme un défi.

Je suis adepte de la coupe en biais à l’image de la brave Madeleine Vionnet et des plissés de Madame Grès, pour des tenues plus élaborées. Comme je crée mes modèles sur mannequins, j’ai toujours la très agréable sensation de sculpter ».