Christoffer Wilhelm Eckersberg, artiste danois à Paris, Rome et Copenhague.

 


La Fondation Custodia accueille en ce moment une rétrospective du peintre Eckersberg, un artiste danois majeur, qui gagne à être plus connu en France. L’exposition a pour fil conducteur les voyages d’Eckersberg et montre comment ses expériences et ses différents maîtres, dont le peintre français Jacques-Louis David, ont contribué à forger son œil et sa technique, faisant de lui un artiste majeur du Danemark.

Par Alicja Zaborska


Peintre réputé comme fondateur de l’école danoise au XIXe siècle, Eckersberg est surtout un grand voyageur qui a étudié sous l’égide de David à Paris et s’est aussi formé à Rome. L’œuvre d’Eckersberg témoigne de l’influence de David dans le traitement de la lumière et des figures, et son séjour à Rome l’a amené à s’intéresser au plus près à la perspective et à la peinture de plein air, qui n’en était alors qu’à ses débuts. Eckersberg connaîtra de nombreux succès à son retour au Danemark, amenant un renouveau dans la peinture danoise grâce à ses voyages et aux enseignements picturaux qu’il en a tiré. Il sera peintre d’histoire et de cour, et sera en particulier sollicité pour ses portraits.

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Mais c’est surtout dans le genre du paysage qu’Eckersberg parviendra à renouveler la peinture danoise et c’est dans ce domaine qu’il se démarquera de ses contemporains. Lors de son séjour à Rome, Eckersberg se passionne pour l’architecture et la perspective, et dessine d’après nature de nombreuses vues de la ville. Il est le premier artiste danois à s’exercer à la peinture de plein air, un art qui ne le quittera plus et qu’il poursuivra tout au long de sa vie, l’intégrant même aux cours de peinture qu’il dispensera à l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague.

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L’œuvre d’Eckersberg abonde de paysages et de marines, travaux qui ne font pas partie des peintures de commande mais des recherches picturales de l’artiste. Dans un souci presque obsessionnel de rigueur et de perfection, Eckersberg étudiait sans relâche la perspective, ainsi que les rendus atmosphériques et météorologiques, comme en témoignent ses nombreuses « études de nuages », dont certaines sont exposées dans la rétrospective. Il cherchait à capturer et restituer de la manière la plus juste possible les nuances atmosphériques, en particulier dans ses marines. Par son traitement réaliste du paysage, il s’éloigne des peintres de son époque qui continuent à le peindre d’une manière idéalisée, et se rapproche d’artistes comme Friedrich et Constable, qui ont eux aussi une vision plus novatrice du genre. C’est dans ce domaine qu’il excelle et c’est cette branche de son art qui inspirera le plus les peintres qui lui succéderont.

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Ne manquez pas d’aller voir la très belle exposition de la Fondation Custodia et de découvrir l’œuvre passionnant et prolifique d’Eckersberg. Cette rétrospective vous fera voyager entre Paris, Rome, la cour royale danoise, la terre, la mer et les cieux.

L’exposition prend fin le 14 août.
Horaires : tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
Adresse : 121 rue de Lille, 75-007 Paris.